Pourquoi la liste « union de la gauche » a échoué à Villefranche ? « La méthode détermine toujours le résultat » ! Le mauvais score de la liste « d’union de la gauche » de Villefranche le 15 mars est la conséquence logique de son dogmatisme et de son impréparation.
Une gauche enfermée dans l’avant-gardisme, incapable de rassembler
À Villefranche, la gauche est à l’image de la situation nationale. En juin 2024, le programme législatif de NFP (Nouveau Front Populaire), improvisé au sommet en 4 jours, a permis d’empêcher le RN de gagner. Mais Mélenchon et son LFI s’en sont servi ensuite pour enfermer la Gauche dans leur dogmatisme et leur avant-gardisme. Ils ont exigé que ce programme devienne tel quel la “bible” de la gauche !
À Villefranche, bien que les militants LFI aient été sommés par leur chef de constituer une liste séparée de celle du NFP, LFI a parasité la campagne municipale. Ses militants (ou ex militants exclus pour s’être maintenus sur la liste NFP) étaient présents en nombre dès le début de l’agora censée permettre l’ouverture du travail programmatique à la population. Ce fut un échec. Un an après, la rédaction du programme bégayait ! Le comité de coordination, peu représentatif, ne décidait rien.
L’unité décrétée, la division en pratique
En invoquant l’unité de la Gauche tout en la rendant impossible par son sectarisme, les militants ex LFI se sont montrés incapables de créer une dynamique citoyenne dès le lancement de la campagne. Par contre, ils ont contaminé la pré-campagne par leurs exclusives. Ils ont exacerbé les conflits, rendant une liste d’union dynamique impossible. Ils ont réussi à convaincre PC et PS d’exclure Place Publique sous de faux prétextes, programmant ainsi l’échec de la liste, au nom de la « rupture révolutionnaire » !
La participation comme stratégie, pas comme slogan
À l’inverse, la Gauche peut gagner si elle a la conviction que les inégalités sociales ne sont pas une fatalité et qu’elle montre comment elles peuvent être réduites par la participation des citoyens aux décisions publiques. À commencer au niveau local, parce que c’est là que la proximité permet un dialogue direct. Mais comme « la méthode détermine toujours le résultat », seule une citoyenneté active – c’est-à-dire la participation sous diverses formes à ces décisions, au-delà du vote – peut permettre l’expression des besoins prioritaires et leur satisfaction.
Dès le lancement de la campagne, le programme doit être précisé par étapes avec la participation des citoyens, dans un dialogue entre les candidats et les habitants. Le résultat est un programme citoyen, nécessairement différent d’une commune à l’autre parce que les situations, les besoins, les priorités ne sont pas les mêmes.
Ce dialogue n’a pas eu lieu à Villefranche.
“Rupture”, “unité”, mots d’ordre dogmatiques, sont incapables de créer une dynamique qui permette de gagner. La rupture (sous-entendu avec le capitalisme) n’a aucune réalité au niveau municipal. Elle affiche le désintérêt pour la situation réelle de la commune. Quant à l’unité, elle n’est crédible et solide que si elle résulte d’un travail programmatique en profondeur qui permette de dépasser les divergences. Ce n’était pas le cas ! Résultat : le programme municipal NFP était un catalogue complet pour une commune idéale ! Ses objectifs étaient tous situés sur le même plan. Il n’était pas crédible car maximaliste, donc irréalisable. Comment la Gauche parviendrait-elle à les réaliser tous ? Mystère ! Il ne fixait ni priorités ni stratégie pour les atteindre.
Dans la seconde partie de cet article, j’esquisserai des propositions qui permettront à la gauche de l’emporter la prochaine fois.
Philippe Brachet
Place Publique beaujolais


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