Face à une nouvelle crise pétrolière qui frappe durement les Français, la question n’est plus de savoir si nous devons sortir des énergies fossiles, mais quand et comment. Alors que le prix du baril flambe et que l’Europe se place sous dépendance américaine, la France dispose d’un atout majeur : son électricité. Il est temps d’en faire le pilier de notre souveraineté énergétique.
La guerre menée en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz qui en résulte fait craindre le pire sur les prix de l’énergie : cette semaine, le prix du baril de pétrole fluctue entre 90$ et 120$. Cette situation géopolitique crée une guerre pétrolière indirecte entre la Chine (dont le pétrole provient majoritairement d’Iran) et les Etats-Unis. En France, le prix du gazole au litre a augmenté de 20 centimes en quelques jours et le prix du pétrole en Europe (brent) a dépassé les 100$, (plus haut niveau depuis 2022).
Les travailleurs et plus fragiles sont encore et toujours les premières victimes de ce choc déjà comparable à celui de 2021-2023.
Prenons enfin conscience de notre dépendance au pétrole, et sortons-en.
Depuis 1973, des chocs pétroliers et gaziers interviennent environ tous les 15 ans entraînant inflation et récession. Oui, cela déstabilise l’économie européenne toute entière depuis trop longtemps.
Comme à chaque crise, cette hausse de l’inflation du prix du baril souligne l’impérieuse nécessité d’engager la France et de l’Europe dans une électrification à plus grande échelle afin de garantir notre souveraineté énergétique, et poursuivre la décarbonation de nos usages.
Les Commissions et Gouvernements successifs n’ont pas suffisamment engagé cet effort d’électrification.
Alors que l’impérialisme des énergies fossiles paraît aujourd’hui plus virulent que jamais, jusqu’à amener la Russie au chantage au gaz ou encore les Etats-Unis à recourir à des méthodes guerrières dans différentes nations souveraines, en dehors du droit international pour accroître leur mainmise à ce sujet, l’Europe doit sortir de cette équation et gagner en indépendance. La France n’a pas de pétrole, mais elle a de l’électricité.
L’interdiction de l’importation de gaz russe acté par l’Union européenne acte la fin d’une dépendance mais l’a ouverte à une autre. En effet, l’UE s’est engagée en 2025 à acheter pour 750 milliards de dollars de produits énergétiques américains sur 3 ans. Un engagement qui vassalise l’Europe à la pression du gouvernement américain. À l’horizon 2030, 40% du gaz importé en UE pourrait provenir d’outre-Atlantique contre environ 25% aujourd’hui.
Grâce à cette nouvelle dépendance aux Etats-Unis, l’administration de Donald Trump utilise de nouveaux leviers pour contraindre l’UE à abroger différentes directives ne faisant pas les comptes des Etats-Unis :
- Revenir sur la directive du devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité
- Revenir sur les règles européennes climatiques et numériques
Forte de son avance en matière de production d’électricité, la France doit désormais relever un nouveau défi : accélérer l’électrification de notre économie, qu’il s’agisse des voitures électriques, des procédés industriels, ou du chauffage, etc.
La piétonisation des centres-villes et le développement des transports en commun permettent de réduire notre dépendance au pétrole tout en améliorant la qualité de vie urbaine. Dans le même temps, le déploiement d’un leasing social pour les véhicules électriques doit permettre aux personnes les plus fragiles et dépendantes de la voiture d’accéder à cette transition sans en subir un coût au-delà de leurs moyens. Pour déploiement massif, la voiture électrique ne doit pas être un privilège mais un outil de souveraineté énergétique européenne et de justice sociale, en remplaçant progressivement un parc automobile encore largement dépendant du pétrole.
Il s’agit d’une bataille économique et culturelle. Il s’agit d’avoir un réel leadership politique et de poser un cap clair pour les Français.
Il est impératif d’envoyer aux consommateurs un signal de prix défiant la concurrence des énergies fossiles, en continuant le prix carbone et le rééquilibrage des niveaux de taxation des différentes énergies. Les industries doivent également être convaincues, en sachant qu’un prix de l’électricité amoindrie est une des étapes primordiales à une réindustrialisation.
Réduire les avantages du fossile, augmenter ceux de l’électrique.
Conclusion :
Construisons notre propre destinée énergétique et européenne grâce à l’alternative de l’usage électrique afin de nous détacher des énergies fossiles et de l’impérialisme grandissant.
Points à retenir
- Crise pétrolière majeure : La guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz provoquent une flambée des prix du pétrole (90-120$ le baril), rappelant les chocs de 2021-2023.
- Impact social : Les travailleurs et les plus fragiles sont les premières victimes de cette hausse, avec une augmentation de 20 centimes du gazole en quelques jours.
- Dépendance énergétique européenne : L’Europe s’est engagée à acheter pour 750 milliards de dollars d’énergie américaine sur 3 ans, créant une nouvelle forme de vassalisation.
- Solution : l’électrification : La France doit accélérer l’électrification de son économie (voitures, industrie, chauffage) pour garantir sa souveraineté énergétique.
- Actions concrètes : Développer les transports en commun, déployer le leasing social pour véhicules électriques, rééquilibrer la taxation entre énergies fossiles et électricité.
- Enjeu stratégique : Se détacher de l’impérialisme des énergies fossiles pour construire une destinée énergétique européenne indépendante basée sur l’électricité.

