Huit ans après les premières marches pour le climat, l’urgence est plus brûlante que jamais et l’inaction politique continue de protéger ceux qui profitent du désastre. Place Publique jeunes publie cette tribune pour affirmer qu’une révolution écologique et sociale devient une nécessité.
2018. Nous sommes des centaines de milliers à descendre dans les rues de France, des millions dans le monde. Jeunes et moins jeunes, nous marchions pour le climat. Nous alertions, déjà, sur l’urgence écologique. Nous demandions que nos dirigeant·es regardent enfin la réalité en face. Les dirigeant·es ont souvent répondu aux manifestant·es qu’ils étaient trop jeunes, trop radicaux, trop idéalistes.
Huit ans plus tard, qui était idéaliste ?
Les canicules s’allongent, deviennent plus fréquentes et plus intenses. Les records de température tombent année après année. Les sécheresses s’installent, les incendies se multiplient, les écosystèmes continuent de se dégrader et la biodiversité recule. Derrière ces chiffres, il y a des vies bouleversées : des personnes âgées et vulnérables qui meurent lors des vagues de chaleur, des travailleurs davantage exposés, ou encore des enfants qui grandissent dans un monde dont l’habitabilité se dégrade.
Rien de tout cela n’est une fatalité. Cette situation a des responsables et résulte de choix politiques et économiques. Malgré l’accumulation des alertes scientifiques, les gouvernements successifs n’ont pas engagé les transformations nécessaires. Nous le disons sans crainte : Notre avenir vaut plus que vos profits !
En 2021, l’État français a été condamné pour inaction climatique. Quelle a été la réponse d’Emmanuel Macron et du gouvernement ? La loi Duplomb. Et pendant que la France suffoquait, le même Emmanuel Macron a choisi de remettre la Légion d’honneur à Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies – entreprise qui continue d’ouvrir de nouveaux gisements fossiles en pleine crise climatique. Nous avons donc d’un côté une génération qui alerte, et de l’autre un pouvoir qui décore ceux qui brûlent son avenir, qui ouvre grand les bras aux lobbies fossiles.
Soyons précis sur ce que nous combattons.
Le capitalisme prédateur et financiarisé repose sur l’extraction sans limite des ressources et la recherche du profit à court terme, privatisant les profits et socialisant les catastrophes. Il aggrave la crise écologique et sociale. Ce capitalisme de la rente et du court terme tue : la pollution de l’air provoque encore chaque année des dizaines de milliers de décès prématurés en France. Il est également profondément injuste : les plus riches demeurent les principaux responsables des émissions, tandis que les populations les plus précaires subissent déjà les conséquences du dérèglement climatique.
Nous refusons de nous habituer à voir disparaître les espèces, brûler les forêts, manquer d’eau ou accepter que les générations futures héritent d’un monde toujours plus instable. Nous refusons aussi que les réponses apportées se limitent à gérer les conséquences d’une crise dont les causes continuent d’être entretenues.
Les solutions existent. Nous les portons :
- Elles supposent d’abord de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre, et donc de sortir des énergies fossiles et d’investir massivement dans la sobriété, les transports collectifs, les énergies renouvelables et la rénovation thermique.
- Elles nous obligent aussi à accélérer l’adaptation de nos territoires, sans attendre la prochaine canicule. Nous devons lancer d’urgence un vaste plan de rénovation des écoles, des universités et des lieux de travail.
- Les plus riches et les entreprises les plus polluantes doivent financer cela. Nous voulons taxer les superprofits et les jets privés. Nous soutenons aussi la demande des étudiants de Polytechnique visant à exclure les entreprises les plus polluantes des organes décisionnaires des établissements de formation.
- Enfin, nous appelons les États à mettre fin aux importations de pétrole et de gaz russes, iraniens et israéliens, pour des raisons à la fois climatiques et de cohérence politique.
Nous le disons à l’ensemble des responsables politiques : la crise climatique doit être une priorité réelle au centre de chaque décision que vous prenez.
Il n’y aura pas de transition écologique sans justice sociale. Il n’y aura pas davantage de justice sociale sur une planète rendue inhabitable.
Nous appartenons à cette génération qui s’est levée en 2018. Nous refusons d’être celle du renoncement. Nous continuerons à porter cette exigence dans les mobilisations, les associations, les syndicats et les institutions comme dans la rue. Nous appelons à un réveil collectif pour entamer une Révolution écologique.
Parce que l’écologie n’est plus une option. Elle est la condition de notre avenir commun.

