Les lycéens ont lu PISA. Pas le ministre.

Le rapport PISA 2025 tombe le 8 septembre : l’école française recule. Et le même cirque recommence. Quelle méthode pour les maths ? La lecture dès la maternelle (comme si on ne le faisait pas déjà) ? Des profs mal formés ? Problème complexe et réponse lapidaire du gouvernement : les élèves sont nuls, les enseignants aussi. Emballé, c’est pesé.

Le ministre a enfoncé le clou : manuels labellisés, pédagogie explicite imposée, objectifs chiffrés. Parler méthode ne coûte rien, et ça dispense d’ouvrir le chéquier. Le rapport, lui, dit autre chose. L’Estonie, première d’Europe, laisse ses enseignants libres de leurs méthodes. Et pour la France, il pointe 45 % des élèves scolarisés dans un établissement en sous-effectif d’enseignants, des locaux qui se dégradent, des parents qui décrochent, des ministres qui défilent.

Les lycéens, eux, ont compris

Pendant que le gouvernement commente des classements, la jeunesse a fait le diagnostic. Partie de Créteil, la mobilisation a gagné le pays. L’Union syndicale lycéenne a appelé le 29 septembre à se battre contre le manque de professeurs et de personnels, les lycées délabrés, les classes et les emplois du temps surchargés, et le stress de Parcoursup.

Le 1er octobre, c’étaient plus de 900 actions et blocages. Plus de 400 lycées ont fermé le lendemain, et entre 400 et 500 sont suspendus ce lundi 5 octobre, dont plus de 160 en Île-de-France. Ce n’est pas un caprice : selon le SNES, il manque au moins un professeur dans 53 % des collèges et lycées publics à cette rentrée. Le ministre Édouard Geffray reconnaît lui-même que 7 % des heures de cours ne sont pas assurées.

Une question de moyens, pas de méthode

La réponse du pouvoir a été de fermer les lycées, d’ouvrir une « plateforme de concertation » et d’envoyer la police. Le mouvement du 26 septembre compte près de 2 000 interpellations pour la seule journée du 1er octobre. Un lycéen de Tours a perdu l’usage d’un œil après un tir de projectile policier. Les parents d’Aubervilliers ont répondu : « Ce ne sont pas des casseurs, ce sont nos enfants. »

Alors voilà. On ne répare pas un lycée sans prof avec un manuel labellisé. On ne répare pas un toit qui fuit avec la pédagogie explicite. Il faut recruter, remplacer, rénover, et donc payer.

Demain, mardi 6 octobre, manifestation nationale à 14 h place de la République, à Paris. Lycéens, étudiants, parents, et des syndicats enseignants (FSU, FO, CGT, UNSA, CFDT, SUD) qui appellent à la grève. Les élèves, eux, ne demandent pas une nouvelle recette : ils demandent des profs.

Place publique soutient les lycéens mobilisés. Nous condamnons toute violence, d’où qu’elle vienne. Mais commençons par regarder ce qu’on leur impose : des bâtiments délabrés, des classes sans professeur, des absences qui ne sont jamais remplacées. Qui accepterait de travailler dans ces conditions ?

Il faut entendre la détresse des élèves et celle des enseignants. L’école publique a été sacrifiée, budget après budget, ministre après ministre. La promesse républicaine ne se contente pas de discours, elle exige des actes :

  • un plan de sauvetage de l’école publique, avec des recrutements, des remplacements assurés et des locaux rénovés ;
  • une hausse de la rémunération des professeurs, pour que le métier redevienne attractif ;
  • une mixité sociale effective dans l’enseignement privé, qui ne peut pas vivre d’argent public tout en se tenant à l’écart de la mixité.
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