Depuis son élection, je ne cesse de le répéter : Trump ne s’arrêtera jamais.

Aurore Lalucq, co présidente de Place Publique, appelle l’Europe à se défendre contre Trump en renforçant son indépendance économique et technologique.

Il a été élu très précisément pour maltraiter nos démocraties libérales et pour fragiliser l’Union européenne. C’est sa raison d’être. C’est même son business model.

Aussi quand Emmanuel Macron déclarait il y a quelques semaines : « je n’imagine pas que les Etats-Unis puissent intervenir au Danemark », j’avais à l’inverse envie de lui demander :

« Qu’est ce qui nous prouve que Donald Trump ne va pas intervenir au Groenland ? ». Rien.

Trump est grisé par son opération au Venezuela : il fait peur et il aime ça. Il adore dépasser

les limites. Comme un enfant à qui on dit non, il veut outrepasser la consigne.

Il faut donc que la parole des Européens se traduise en actes. Pour cela, l’Europe et les Etats Européens doivent faire le deuil d’un monde qui n’existe plus**. Ne pas renoncer à nos principes mais réapprendre à nous battre pour les défendre.**

Trump ne recule que si nous lui tenons tête. Ce n’est pas quand les troupes américaines seront sur le sol du Groenland que nous pourrons le défendre. Quand on est acculés, c’est trop tard. L’enjeu est donc précisément que cela n’advienne pas…

C’est maintenant, tout de suite, qu’il faut empêcher les Américains d’envahir le Groenland. Car si Trump met sa menace à exécution, il sera trop tard. Alors, arrêtons d’être gentils et tapons… Il nous faut attaquer là où ça peut faire mal à l’économie américaine et à Donald Trump.

Cela commence par attaquer sur le plan économique : en taxant les Gafam et les services financiers par exemple. Sans le marché européen, les Big tech américaines ne survivent pas.

Cela se poursuit par la prise de notre indépendance. L’Europe est bien trop dépendante des États-Unis. Cette dépendance n’est pas abstraite. Elle est industrielle, technologique, financière — et donc politique.

Quand nous payons par carte ou via notre téléphone, nous dépendons majoritairement de réseaux américains. Quand nous stockons nos données, développons l’intelligence artificielle ou utilisons des services numériques essentiels, nous dépendons de technologies étrangères.

Quand les États-Unis prennent une décision unilatérale, ils peuvent — nous l’avons vu récemment — utiliser ces dépendances comme outil de pression politique.

Ce n’est pas acceptable. Ce n’est pas soutenable. Trump peut nous couper le robinet d’accès à ces technologies du jour au lendemain. Il l’a déjà fait avec des juges qui ne lui plaisaient pas.

Nous sommes entrés dans une nouvelle phase du monde : celle des rapports de force assumés. C’est pourquoi l’urgence, aujourd’hui, c’est l’économie de guerre : planifier et produire massivement pour être indépendant. Chaque minute compte.

Cela suppose des choix politiques clairs :

  • bâtir des alternatives européennes dans les moyens de paiement, avec un euro numérique et des réseaux souverains – en privilégiant le réseau Carte Bancaire par exemple ;
  • investir massivement dans notre industrie, nos technologies critiques, notre production énergétique et notre autonomie stratégique en assurant notre transition numérique vers nos entreprises européennes de logiciel et de cybersécurité par exemple.

Ce combat, je le mène au Parlement européen, à la tête de la commission des affaires économiques et monétaires. Mais il ne peut pas être gagné sans un rapport de force politique assumé, sans mobilisation démocratique dans chacun des Etats-membres, sans clarté idéologique.

Pour gagner une bataille, il faut déjà commencer par se battre!

Vous pouvez compter sur moi, j’espère pouvoir compter sur vous!

Ensemble, faisons-en un débat politique central !


Aurore Lalucq

Co-présidente de Place publique

Députée européenne

Présidente de la commission des affaires économiques et monétaires

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